#Zoothérapie

Les animaux thérapeutes

 

Le prix du « Comité de visionnage » du Festival du film psy à Lorquin qui a été attribué au film « La balade de Chopin », contant l’histoire d’un chat à l’hôpital psychiatrique, m’a inspiré cet article.

 

Je vis seule. Mais pas tout-à-fait. Je vis avec des perroquets et des chats.

 

J’ai toujours adoré les animaux. Probablement influencée par mon père, qui avait une relation privilégiée avec eux. Quand il vivait en Afrique, il avait ainsi un guépard et un singe apprivoisés.

 

Je vis seule, parfois incapable d’avoir des relations avec les autres, même avec mes plus proches amis, coupant tout lien, et préférant m’isoler dans le silence, ne répondant ni au téléphone, ni aux mails.

 

Mais mes animaux ne sont jamais bien loin. M’obligeant par exemple à me lever de bonne heure chaque matin, à sortir faire des courses au marché (fruits frais pour les perroquets), à m’occuper d’eux quotidiennement, alors que parfois j’ai du mal à m’occuper de moi.

 

Une fois en séance avec mon psy, je lui ai avoué, un peu honteuse, que j’avais fait le choix d’avoir des animaux chez moi pour ne pas me suicider. En effet, comment prendre cette décision quand on a responsabilité d’un être vivant ? Et j’ai été très surprise d’apprendre que ce choix était partagé par certains de ses patients.

 

Je pense ainsi intimement que la relation qu’on peut avoir avec un animal peut être un réconfort thérapeutique essentiel.

 

Une de mes grands-mères, qui n’aimait pas, mais vraiment pas les animaux, a vu la fin de sa vie ponctuellement apaisée par l’un de mes chats. Celui-ci avait pris l’habitude de se réfugier contre elle sur son lit, et j’ai surpris ma grand-mère plus d’une fois le caressant en fermant les yeux. Et le réclamant quand le chat était aux abonnés absents.

 

Ma mère, lors de sa fin de vie due à un cancer, m’avait aussi confié que la présence de sa chienne et de mon chat arrivaient à calmer la nuit ses angoisses, notamment lorsqu’elle se sentait étouffer. Comme si aussi ces animaux « sentaient » qu’elle allait mal, et voulaient lui apporter du réconfort par leur présence.

 

Comme raconté dans l’histoire de Chopin, l’animal est parfois plus efficace qu’un Xanax.

 

Je sais bien que les adeptes de l’anthropomorphisme diront que je prête / projette des sentiments qui n’existent pas à mes animaux.

 

Mais peu importe. Ce que je sais de bien « réel », c’est cette relation de proximité qui m’unit à mes chats et perroquets. Cette impression aussi qu’ils ressentent, comme des éponges, mes changements d’humeur. Et qu’ils « savent », parfois mieux qu’un humain, me réconforter pendant les heures sombres.

 

Alors, en hommage à ces petits thérapeutes qui sont parfois bien plus subtils que des humains, quelques photos de Cachou - Chaï – Fandango - Jazz – Kenzo - Didou et Nilou (ces deux derniers étant au paradis des animaux), ainsi qu’un poème de Wislawa Szymborska.

 

 

Mourir. Il ne faut pas faire cela à un chat.

Que peut-il faire dans un appartement vide ?

Grimper aux murs ?

Se frotter contre les meubles ?


Apparemment rien n’a changé

et pourtant rien n’est pareil.

Rien n’a été déplacé

et pourtant rien n’est en place.

Et le soir, pas de lampe allumée.

 

Un bruit de pas dans l’escalier

mais ce n’est pas le bon.

Une main met le poisson dans l’assiette

mais ce n’est pas la bonne.

 

Quelque chose ne commence pas 

à l’heure habituelle,

quelque chose ne se passe pas

comme cela devrait.

Quelqu’un était là depuis toujours

et soudain n’est plus

s’obstinant à rester disparu.

 

On a fureté dans les armoires

fouillé les étagères

on s’est faufilé sous le tapis pour vérifier.

On a même bravé l’interdit en allant au bureau

et en mettant les papiers en désordre.


Que faire maintenant ?

Dormir et attendre.

 

Attendre qu’il revienne 

s’il ose.

Et lui faire savoir qu’on ne fait pas ça à un chat. 

 

On avancera vers lui

l’air détaché, un peu hautain

en faisant semblant de ne pas le voir.

On marchera très lentement

la patte boudeuse

et surtout, pas un bond, pas un ronron, 

du moins au début.

 

 

(« Un chat dans un appartement vide » - Wislawa Szymborska)

 



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Commentaires : 3
  • #1

    Claudine (dimanche, 19 juin 2016 23:48)

    Merci pour ce joli poème et la belle histoire de votre vie en si bonne compagnie .

  • #2

    SolUsagersPsy (mercredi, 22 juin 2016 17:02)

    Merci Claudine ;-)

  • #3

    Nadebe (samedi, 02 juillet 2016 12:51)

    Merveilleuse page... Merci!!