#Syndrome métabolique et ImageDeSoi#1

#SyndromeMétabolique et ImageDeSoi#1

 

Les effets secondaires fréquents, notamment de certains neuroleptiques, induisent souvent une prise de poids, parfois conséquente, qui peut jouer sur l’image de soi et l’estime personnelle.

 


La plupart des psychiatres évoquent peu ce problème, se contentant pour certains de dire qu’il va falloir faire attention à l’appétit (qui peut se dérégler) et à l’alimentation, et évacuant pour d’autres parfois la discussion par le blablatage habituel sur la balance « avantages – inconvénients » inhérente à n’importe quel médicament.

 

Pourtant, la prise de poids, qui peut être très localisée (sur l’abdomen – cf. syndrome métabolique) est très fréquente, et rarement anodine (on ne parle pas de quelques kilos…). Elle peut également entraîner des maladies sérieuses comme le diabète ou l’hypertension.

 

Par ailleurs, certaines recherches sérieuses parlent depuis peu de l’importance d’une bonne flore intestinale, pour éviter ou atténuer certaines maladies mentales.

 

Récemment, sur un forum médical, un sondage avait été lancé pour savoir combien de kilos avaient pris les personnes (schizophrènes) suite à leur traitement. La prise de poids était parfois spectaculaire et sur un court laps de temps (plusieurs dizaines de kilos en quelques mois), chez des personnes dont certaines étaient auparavant très minces (IMC inférieur à 23). Et tous reconnaissaient que cela jouait sur leur image personnelle et leur moral.

 

Il serait adéquat, au sein d’équipes médico-sociales, qu’il y ait des professionnels sensibilisés au problème et pouvant aider les usagers à mieux gérer celui-ci, par l’alimentation et le sport notamment. Je pense à des diététiciens (pour apprendre à informer et adapter au plus près l’alimentation en fonction de la situation de l’usager), mais aussi à des coachs sportifs et des conseils en image (pour apprendre notamment à s’habiller et se mettre en valeur, ce qui peut être d’ailleurs aussi utile dans un processus de réinsertion professionnelle). Peut-être aussi le sport sur ordonnance va-t-il se généraliser, en tout cas pour les maladies prises en charge via l’ALD.

 

Or, ce genre d’approche pluridisciplinaire reste assez anecdotique, alors que dans un parcours de rétablissement, tout ce qui peut aider à rétablir une bonne estime personnelle aide l’usager à aller mieux, et à mieux se prendre en mains. Même si cela peut s’avérer compliqué, car dans certains troubles psychiques, le rapport au corps peut être perturbé (lié notamment à la dissociation).

 

On en revient aussi à l’efficacité, peut-être meilleure, d’une équipe de professionnels (comprenant des soignants, mais aussi des travailleurs sociaux ou des spécialistes comme ceux cités plus haut), travaillant en coordination étroite avec l’usager, face à des psychiatres prescripteurs parfois trop isolés, et qui ont tendance (pour certains) à ne pas assez communiquer et informer, voire (au pire) à infantiliser leurs patients. L’éducation thérapeutique est essentielle, mais aussi la possibilité de pouvoir se faire accompagner, dans un parcours de co-construction, par une équipe de professionnels pour aller mieux.

 

Je profite aussi de cet article de blog pour reparler et louer à nouveau la démarche de la photographe sociale Anne Betton, elle-même bipolaire, et qui sait si bien, à travers un simple appareil photographique, mettre les personnes en valeur, et leur redonner ainsi, pour beaucoup d’entre elles, l’envie de s’occuper de soi et de leur apparence. Cf. page du site où j’en parle.

 

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