Amendement 159

 Objet : amendement 159

 

 

 

Madame la Sénatrice, Monsieur le Sénateur,

 

 

Venant de lire l’amendement 159 proposé par quelques députés, je voulais réagir, en tant que personne directement concernée par un trouble psychique.

 

Depuis mes 21 ans, je suis suivie pour une schizophrénie, ce qui ne m’a pas empêchée, malgré plusieurs hospitalisations, de travailler pendant la plupart de ma vie professionnelle, ce, malgré un traitement médicamenteux souvent lourd.

 

J’ai bénéficié par la sécurité sociale d’une prise en charge ALD, par la CRAMIF d’une pension d’invalidité à partir de 2017 m’ayant permis de basculer à temps partiel, et par la MDPH d’une RQTH à vie. Je suis à la retraite depuis l’année dernière, ayant maintenant 62 ans.

 

J’ai été suivie aussi bien par un psychiatre prescripteur pour la mise en place et le suivi de mon traitement, que par des psychologues et des psychiatres psychanalystes, pour des psychothérapies analytiques. Certains travaillant en libéral, d’autres travaillant au sein de CMP.

 

Je peux affirmer que cette double approche m’a permis de vivre au mieux malgré ce trouble psychique chronique.

 

Les députés à l’origine de cet amendement prétendent que la psychanalyse n’a jamais montré des résultats probants, s’appuyant sur un rapport de l’INSERM de 2004 pourtant critiqué, avec arguments, par de nombreux spécialistes. D’autres rapports ont démontré que bien au contraire, l’approche psychanalytique a des résultats aussi efficaces que d’autres approches (TCC par exemple).

 

Pour ma part, je pense que ce qui fait le succès d’une thérapie, c’est la relation existante entre le professionnel et son patient, ce, pour toutes les thérapies !

 

Je déplore que l’avis des usagers soit généralement peu pris en compte quand on aborde le sujet de la santé mentale. A titre personnel, cela me hérisse d’ailleurs le poil lorsque des personnes, qu’elles soient soignantes, personnes concernées ou autres (proches…), se permettent de faire une généralité de leur seule expérience.

 

Quand je dis que l’approche psychanalytique, que ce soit via une thérapie en face à face ou via une analyse sur divan (j’ai expérimenté les deux) m’a permis de mieux m’ancrer dans mon parcours de rétablissement, je ne parle que pour moi ! Et au-delà de l’amélioration notable de mes symptômes, j’ai apprécié que cette approche s’intéresse avant tout à ma singularité, loin du carcan d’une étiquette médicale souvent enfermante.

 

Pour autant, je sais, pour avoir échangé avec d’autres, que d’autres thérapies sont aidantes. Et je défends l’idée que toute approche thérapeutique peut être intéressante, pensant d’ailleurs que ce qui compte avant tout, c’est la qualité de la relation entre le professionnel et son patient.

 

Sur le site que j’ai créé (pour aider les usagers), je parle d’ailleurs de toutes les thérapies existantes : https://www.solidarites-usagerspsy.fr/se-soigner/aides-therapeutiques/ - pour informer les personnes de ce qui existe, et qu’elles puissent ainsi faire leur choix en connaissance de cause.

 

En l’occurrence, je souhaite qu’on me laisse le choix et qu’on laisse le choix à tous.tes de sa thérapie. C’est un principe de liberté qui devrait exister dans toute société démocratique. Et je refuse que via un amendement qui serait voté, on me retire cette liberté là !

 

Merci pour votre attention.

 

 

Catherine Maillot

 

 

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Commentaires: 2
  • #1

    Eymeric Hénin (mercredi, 14 janvier 2026 23:26)

    Il y a un accent sur le É de SOLIDARITÉ

  • #2

    Aguilar Jean (mardi, 10 mars 2026)

    Salut
    dis-moi comment faire pour suivre de près cette page